Chroniques

Billet Caroline Yadan

4 minutes
9 juin 2026

ParYaël Scemama

Billet Caroline Yadan

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International

Retrouver de la cohérence diplomatique

Par Caroline Yadan

Députée de la 8ème circonscription des Français établis hors de France

Le 29 avril 2026, le département d’État américain a publié un rapport qui affirme que l’Autorité palestinienne continue de rémunérer des terroristes et leurs familles, malgré les engagements pris devant la France.

Rappelons-nous. Le 22 septembre 2025, à la tribune des Nations unies, Emmanuel Macron reconnaît l’État de Palestine à la suite d’engagements écrits pris par Mahmoud Abbas trois mois plus tôt : désarmement du Hamas, réforme en profondeur de l’Autorité palestinienne et des programmes éducatifs incitant à la haine, mais aussi révocation définitive de la politique du « pay for slay », ces paiements versés aux prisonniers condamnés pour terrorisme et aux familles de “martyrs”.

Depuis, les salaires versés aux terroristes et à leurs familles continuent. Régulièrement. Via de nouveaux mécanismes. Sous un autre nom. Avec d’autres structures. Mais selon la même logique.

Selon les données du rapport, l’Autorité palestinienne a versé en 2025 156 millions de dollars à des prisonniers condamnés pour terrorisme, anciens détenus et familles de terroristes morts en commettant des attentats.

Dans les faits, aucune des promesses faites par Mahmoud Abbas au président Macron n’a été tenue.

Et pendant ce temps, l’argent du contribuable européen, donc français, continue de financer des centaines de millions d’euros une Autorité palestinienne corrompue qui rémunère mensuellement des assassins et incite au terrorisme.

Il faut mesurer le scandale moral et l’absurdité politique de cette situation. Imagine-t-on un seul instant un processus de paix en Irlande du Nord dans lequel les autorités britanniques auraient continué à financer indirectement des structures rémunérant les auteurs d’attentats de l’IRA contre des civils ? Pourquoi ce qui semblerait absurde à Belfast deviendrait-il soudain acceptable à Ramallah ? Le plus troublant est qu’une partie de l’Occident semble avoir perdu jusqu’à la capacité d’en percevoir l’iniquité et l’indécence.

L’Europe, dans une forme d’aveuglement volontaire, a trop longtemps confondu diplomatie et déni. Mais à force de protéger la fiction diplomatique, elle finit, depuis vingt ans, par subventionner les conditions mêmes du désastre qu’elle prétend empêcher. Posons-nous ici la question : si l’Europe avait exigé dès l’origine, avant même l’émergence du Hamas, la fin de ces ambiguïtés autour de la glorification de la violence, du djihad, et de l’éducation à la haine dans les programmes scolaires palestiniens, le terrorisme aurait sans doute eu davantage de difficultés à prospérer sur ce terreau idéologique et symbolique.

Les États-Unis ont décidé, eux, de conditionner désormais toute aide à la disparition de ce système.

Il nous faut retrouver un peu de cohérence et un équilibre diplomatique, qui a aujourd’hui totalement disparu du Quai d’Orsay. Reconnaître qu’un État palestinien n’interdit absolument pas d’exiger de l’Autorité qui le représente un comportement compatible avec la paix. Car une paix durable exige de la bonne foi. Et la bonne foi commence par la vérité. Elle ne peut se construire sur des ambiguïtés, des faux-semblants et des engagements sans conséquences.

La France et l’Union européenne, qui se sont récemment enorgueillies des sanctions adoptées contre Israël, ne peuvent plus ignorer désormais que 1/ Mahmoud Abbas n’a tenu aucun de ses engagements. 2/ On ne peut plus continuer à accréditer cette forme de complaisance à l’égard du terrorisme.

Elles doivent donc tirer les conséquences de cette situation en conditionnant la poursuite du financement de l’Autorité palestinienne à l’abandon définitif de sa politique d’incitation au terrorisme et en procédant à un audit indépendant des comptes de l’Autorité palestinienne.

Une démocratie qui ne conditionne plus rien finit toujours par cautionner ce qu’elle prétend combattre.

Ne rien exiger, faire comme si de rien n’était, ce serait accepter, à force de renoncements, un monde dans lequel notre boussole morale aurait définitivement disparu.