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Cyber et renseignement : la guerre invisible d'Israël

Israël, puissance high tech, utilise aussi sa maîtrise technologique dans sa guerre hybride contre l'Iran.

3 minutes
25 mars 2026

ParPascale Zonszain

Cyber et renseignement : la guerre invisible d'Israël

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Technologie

Cyber et renseignement : la guerre invisible d'Israël

Israël, puissance high tech, utilise aussi sa maîtrise technologique dans sa guerre hybride contre l'Iran.

Au matin du 17 mars, les premières rumeurs parvenaient aux rédactions israéliennes. Ali Larijani, le nouvel homme fort de l'Iran aurait été éliminé. Plus encore que l'élimination du Guide suprême Ali Khamenei au premier jour de la guerre – qui avait pu bénéficier de l'effet de surprise - l'opération contre le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale semblait une mission impossible. Il était évidemment surprotégé depuis qu'il avait dû reprendre les rênes du pays et la conduite de la guerre. 4 jours plus tôt, Ali Larijani était pourtant apparu en public, défilant dans les rues de Téhéran avec les soutiens du régime pour la « journée de Jérusalem ». Il ignorait alors que ce serait sa dernière sortie. Dès cet instant, le dirigeant iranien a été pris en chasse, comme une cible verrouillée. Les caméras de surveillance urbaine, les déplacements de ses gardes du corps, la veille autour de toutes les planques, où il ne restait jamais deux nuits de suite, étaient sous l'œil des renseignements israéliens du Mossad et d'Aman. Des données transmises et analysées en permanence, jusqu'à trouver la seconde où l'opération deviendrait possible. En fin de soirée, Larijani, accompagné d'une petite escorte, atteignait l'immeuble de la banlieue de Téhéran où il allait rester pour la nuit. L'information confirmée et les coordonnées étaient alors transmises aux chasseurs bombardiers de Tsahal qui survolaient la capitale iranienne. En quelques secondes, 20 bombes d'une tonne étaient larguées sur l'immeuble. Ali Larijani était mort.

Ces opérations spectaculaires sont devenues la marque de fabrique d'Israël. On les compte par dizaines depuis le 7-Octobre, que ce soit à Gaza, au Liban, en Iran, au Yémen ou ailleurs. La technologie permet d'optimiser les opérations en limitant les victimes collatérales. Toutes les données disponibles sur les différentes plateformes civiles, en plus des informations collectées par surveillance aérienne, satellite ou piratage de données internes, fournissent une masse colossale d'informations, qu'il faut encore traiter et analyser, avec un recours croissant à l'intelligence artificielle.

Dans cette guerre de l'ombre, Israël s'est révélé particulièrement performant, mais son ennemi iranien n'est pas précisément à la traîne non plus. La théocratie militaire a, elle aussi, investi dans la technologie pour collecter des informations sur Israël et pour espionner sa propre population. Les cyberattaques contre Israël se sont multipliées depuis le début de la guerre, pour tenter de percer les défenses des infrastructures civiles, mais aussi pour déstabiliser la population israélienne, par l'envoi de faux messages d'alerte ou d'hameçonnage de données.

Mais pour Israël, la guerre du renseignement a toujours été un enjeu vital, pour compenser l'infériorité de puissance de feu par rapport à ses ennemis. Ce qui avait commencé par de l'intelligence humaine, et l'infiltration au plus haut niveau, comme le maître espion Eli Cohen à Damas au début des années 60, s'est doublée depuis du renseignement dit « SIGINT » toutes les sources d'information représentées par les signaux de communication. Israël a acquis une supériorité incontestable dans ce domaine. Une maîtrise qui sert autant les Américains qu'elle terrifie les Iraniens. « L'infiltration du renseignement israélien dans le régime iranien est sans précédent dans l'histoire des conflits ». Et c'est la chaîne qatarie Al Jazeera qui le dit…

Pascale Zonszain

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