Technologie
Cyber et renseignement : la guerre invisible d'Israël
Israël, puissance high tech, utilise aussi sa maîtrise technologique dans sa guerre hybride contre l'Iran.
Au matin du 17 mars, les premières rumeurs parvenaient aux rédactions israéliennes. Ali Larijani, le nouvel homme fort de l'Iran aurait été éliminé. Plus encore que l'élimination du Guide suprême Ali Khamenei au premier jour de la guerre – qui avait pu bénéficier de l'effet de surprise - l'opération contre le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale semblait une mission impossible. Il était évidemment surprotégé depuis qu'il avait dû reprendre les rênes du pays et la conduite de la guerre. 4 jours plus tôt, Ali Larijani était pourtant apparu en public, défilant dans les rues de Téhéran avec les soutiens du régime pour la « journée de Jérusalem ». Il ignorait alors que ce serait sa dernière sortie. Dès cet instant, le dirigeant iranien a été pris en chasse, comme une cible verrouillée. Les caméras de surveillance urbaine, les déplacements de ses gardes du corps, la veille autour de toutes les planques, où il ne restait jamais deux nuits de suite, étaient sous l'œil des renseignements israéliens du Mossad et d'Aman. Des données transmises et analysées en permanence, jusqu'à trouver la seconde où l'opération deviendrait possible. En fin de soirée, Larijani, accompagné d'une petite escorte, atteignait l'immeuble de la banlieue de Téhéran où il allait rester pour la nuit. L'information confirmée et les coordonnées étaient alors transmises aux chasseurs bombardiers de Tsahal qui survolaient la capitale iranienne. En quelques secondes, 20 bombes d'une tonne étaient larguées sur l'immeuble. Ali Larijani était mort.
Ces opérations spectaculaires sont devenues la marque de fabrique d'Israël. On les compte par dizaines depuis le 7-Octobre, que ce soit à Gaza, au Liban, en Iran, au Yémen ou ailleurs. La technologie permet d'optimiser les opérations en limitant les victimes collatérales. Toutes les données disponibles sur les différentes plateformes civiles, en plus des informations collectées par surveillance aérienne, satellite ou piratage de données internes, fournissent une masse colossale d'informations, qu'il faut encore traiter et analyser, avec un recours croissant à l'intelligence artificielle.