Si les élections municipales sont traditionnellement favorables aux maires sortants, le scrutin de 2026 pourrait néanmoins réserver quelques surprises. « Les municipales sont des élections où le dégagisme existe peu ou de manière très marginale. La question centrale est de savoir si les sortants vont être reconduits », analyse le politologue Frédéric Dabi, directeur général du pôle Opinion de l’IFOP. L’attention se portera donc surtout sur les villes susceptibles de basculer d’un camp à l’autre, ainsi que sur la capacité du Parti socialiste à conserver ses bastions.
Le camp présidentiel apparaît, lui, en position plus fragile. Selon Frédéric Dabi, « les macronistes devraient avoir du mal à conquérir de nombreuses municipalités, même si certaines villes comme Bordeaux ou Annecy pourraient constituer des objectifs prioritaires ».
L’une des grandes inconnues du scrutin réside aussi dans la stratégie des forces plus radicales. « La question est de savoir si le Rassemblement national et La France insoumise vont parvenir à conquérir des villes », souligne le politologue. Pour LFI, ces municipales marquent une étape particulière : le mouvement se lance pour la première fois de manière offensive dans ce type d’élections locales et Roubaix pourrait constituer son premier trophée. L’entre-deux tours devrait réserver aussi des surprises. « Avec un seuil d’accès au second tour fixé à 10 % des suffrages exprimés, LFI pourrait choisir de se maintenir dans certaines villes et peser sur l’issue de scrutins serrés. Une stratégie qui pourrait fragiliser des maires sortants socialistes ou écologistes, notamment dans des villes comme Bordeaux, Lille, Paris ou Marseille », prédit le politologue.
Laetitia Enriquez