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Belgique : trois mohalim condamnés

La condamnation de trois mohalim à Anvers marque un tournant sans précédent dans la politique judiciaire belge vis-à-vis des pratiques religieuses juives.

2 minutes
19 mai 2026

ParLaurent Cohen Coudar

Belgique : trois mohalim condamnés

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Les décisions rendues ces derniers jours par la justice anversoise, visant trois mohalim, s’inscrivent dans la continuité d’une série de tensions apparues en 2025, lorsque des perquisitions avaient été menées dans le quartier juif d’Anvers. Saisie de matériel rituel, demandes d’identification de nourrissons et mise en cause directe de praticiens avaient alors provoqué une onde de choc. Aujourd’hui, le passage à la condamnation effective pour des faits requalifiés en « violences volontaires et exercice illégal de la médecine » cristallise les inquiétudes. Pour les autorités judiciaires, il s’agit d’une application stricte du droit pénal mais pour une large partie de la communauté juive, c’est la traduction d’un basculement inquiétant où un rite religieux, en l'occurrence la brit mila, est assimilé à une infraction criminelle. Au-delà du cas individuel des trois mohalim, c’est la question de la liberté religieuse en Belgique qui se trouve posée. Plusieurs responsables communautaires alertent sur un précédent susceptible « d’affecter durablement la pratique du judaïsme en Europe », dans un contexte déjà marqué par des restrictions antérieures sur d’autres pratiques rituelles, en particulier la Che'hita.

Ainsi, la condamnation de trois praticiens religieux ne peut être perçue uniquement comme une affaire technique, mais comme un signal politique fort, susceptible d’alimenter un sentiment d’incompréhension et de défiance au sein des communautés concernées. Celles-ci sont déjà attentives à l’évolution du cadre juridique européen autour des rites traditionnels.

Laurent Cohen-Coudar