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Une hausse mondiale alarmante de l'antisémitisme depuis le choc du 7-Octobre

Des États-Unis à l’Australie en passant par l’Europe, les actes antisémites ont atteint des niveaux historiques depuis 2023. Une rupture nette depuis le 7-Octobre, dont les effets persistent en 2025.

3 minutes
25 mars 2026

ParLaurent Cohen Coudar

Une hausse mondiale alarmante de l'antisémitisme depuis le choc du 7-Octobre

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Etude

Une hausse mondiale alarmante de l'antisémitisme depuis le choc du 7-Octobre

Des États-Unis à l’Australie en passant par l’Europe, les actes antisémites ont atteint des niveaux historiques depuis 2023. Une rupture nette depuis le 7-Octobre, dont les effets persistent en 2025.


Le 7-Octobre 2023 n’est plus seulement une date. C’est devenu un repère, presque un concept, celui d’un basculement. D’abord pour Israël, frappé par l’attaque la plus meurtrière de son histoire. Mais aussi, de manière plus inattendue, pour les Juifs du monde entier. Car le paradoxe est saisissant : alors même qu’Israël est attaqué, une vague d’antisémitisme d’une ampleur inédite depuis la Shoah s’est déployée à l’échelle mondiale.
Les chiffres disponibles confirment cette rupture. Aux États-Unis, l’Anti-Defamation League (ADL) a recensé 9 354 incidents antisémites en 2024, un record absolu depuis 1979. Ils étaient 3 697 en 2022 et plus de 7 500 en 2023 : en deux ans, le phénomène a presque triplé.
En France, la progression est tout aussi spectaculaire. Les actes antisémites sont passés de 436 en 2022 à 1 676 en 2023, avant de se maintenir à un niveau très élevé avec 1 570 faits en 2024. En 2025, les autorités en recensent encore plus de 1 300, signe d’un plateau durable.
Le Royaume-Uni a suivi la même trajectoire, avec 4 103 incidents en 2023 contre 1 662 en 2022. Là encore, le pic intervient dans les semaines qui suivent le 7-Octobre, sans véritable retour à la normale ensuite. En Allemagne, les autorités ont également signalé une forte hausse, avec plus de 5 000 actes recensés en 2023, un niveau inédit depuis des années.
Mais c’est en Australie que l’évolution est la plus spectaculaire. Longtemps considéré comme relativement épargné, ce pays-continent enregistre la plus forte hausse relative au monde. Les incidents y sont passés de 495 en 2022 à 2 062 en 2024, soit une multiplication par plus de quatre. En 2025, 1 654 actes ont encore été recensés sur douze mois, un niveau environ trois fois supérieur à celui d’avant le 7-Octobre. Au total, la hausse a dépassé 300 % en un an.
Le Canada connaît une dynamique comparable, avec plus de 5 700 incidents recensés en 2023, en forte hausse par rapport à 2022, confirmant l’extension du phénomène à l’ensemble du monde occidental.
Ces évolutions convergent vers un constat partagé par les travaux académiques. Le rapport annuel de l’université de Tel Aviv souligne une hausse généralisée dans les pays occidentaux dès 2023, amplifiée par les événements d’octobre. Le conflit agit comme un catalyseur, accélérant une dynamique déjà bien engagée.
Ce qui frappe, au-delà des chiffres, c’est le changement d’échelle. Aux États-Unis, cela représente désormais plus de 25 incidents par jour. En France, les actes se comptent en milliers. Et surtout, contrairement aux crises précédentes au Proche-Orient, la décrue reste limitée. En 2025, les niveaux observés demeurent durablement élevés.
Plus qu’un simple pic, le 7-Octobre apparaît ainsi comme un véritable tournant, un basculement dont les effets, deux ans plus tard, continuent de structurer l’évolution de l’antisémitisme dans le monde.

Sources
Anti-Defamation League (ADL), « Audit of Antisemitic Incidents 2024 »
Service de protection de la communauté juive (SPCJ) 
Université de Tel Aviv, « Antisemitism Worldwide Report 2024 »

Laurent Cohen-Coudar
 

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