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États-Unis : ces nouveaux groupes qui veulent défier l’AIPAC

Aux États-Unis, plusieurs comités d’action politique progressistes se sont créés cette année pour contrer le puissant lobby juif pro-israélien, l’AIPAC. Leur objectif : soutenir des candidats critiques d’Israël et reproduire certaines méthodes de financement du lobby historique.

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15 avril 2026

ParLaurent Cohen Coudar

États-Unis : ces nouveaux groupes qui veulent défier l’AIPAC

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États-Unis : ces nouveaux groupes qui veulent défier l’AIPAC

 

 

Aux États-Unis, plusieurs comités d’action politique progressistes se sont créés cette année pour contrer le puissant lobby juif pro-israélien, l’AIPAC. Leur objectif : soutenir des candidats critiques d’Israël et reproduire certaines méthodes de financement du lobby historique.

 

L’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), organisation historique souvent décrite comme le principal lobby juif pro-israélien, joue depuis des décennies un rôle déterminant dans la vie politique étasunienne. En soutenant des candidats favorables à l’alliance stratégique entre Washington et Israël, il s’est imposé comme un acteur structurant du débat démocratique sur la politique étrangère.

Cette influence suscite toutefois une opposition croissante à gauche. Depuis le début de l’année, plusieurs groupes ont émergé pour tenter de rivaliser avec l’AIPAC, en s’inspirant de ses méthodes de financement et de soutien électoral. Le PAL PAC, fondé par Margaret DeReus, soutient des candidats progressistes et incite aux dons, affirmant qu’il existe « une occasion unique de remettre en cause le statu quo ».

American Priorities, dirigé par Hannah Fertig, prévoit d’investir « au moins 10 millions de dollars » pour soutenir des candidats critiques d’Israël, souvent en face d’élus appuyés par l’AIPAC. Plus offensif, le Citizens Against AIPAC Corruption PAC affiche sa volonté de « mettre fin à l’emprise » du lobby et impose à ses candidats des positions très marquées.

Les partisans de l’AIPAC dénoncent ces initiatives. « Ce n’est pas bon pour la démocratie américaine », explique un porte-parole, pointant « l’utilisation d’argent occulte pour promouvoir un programme anti-israélien ».

Malgré ces attaques, l’AIPAC continue de bénéficier d’un large soutien parmi les parlementaires et les donateurs privés. Ses partisans soulignent que sa longévité et sa capacité à mobiliser des ressources importantes démontrent la solidité de son rôle et la confiance qu’il inspire.

Malgré l’activité de ces contre-lobbies, leurs résultats restent limités. Quelques succès locaux ont été enregistrés, mais plusieurs candidats soutenus ont échoué. Pour ses défenseurs, l’AIPAC conserve ainsi un rôle structurant et une influence durable dans le paysage politique américain, garantissant que les voix pro-israéliennes continuent de s’exprimer au Congrès.

 

Laurent Cohen-Coudar