Avant Bousquet, son délégué en zone occupée, Jean Leguay, avait été inculpé en 1979 de crimes contre l’humanité pour sa participation à l’organisation de la rafle du Vel' d’Hiv, et une deuxième fois en 1986, dans le cadre de l’affaire Papon, mais ce haut fonctionnaire de Vichy ne fut jamais traduit devant une cour d’assises, puisqu’il mourut dans son lit en 1989. Et, c’est à la suite de son décès en juillet 1989, que Serge Klarsfeld déposa plainte contre René Bousquet, quelque temps plus tard.
Ainsi, celui qui avait rang de ministre de la Police aurait dû se retrouver en septembre 1989 devant la chambre d’accusation de la cour d’appel, qui allait décider de le renvoyer devant les assises. Le réquisitoire édifiant nourri sur le plan historique par Serge Klarsfeld montrait qu’il s’était « rendu complice d’actes de barbarie, d’arrestations et de séquestrations arbitraires, d’enlèvement de mineurs de moins de 15 ans, suivis de la mort de ceux-ci…» en proposant le 2 juillet 1942 que la police française collabore avec les autorités allemandes. La photo prise ce jour-là est éloquente. On y voit Bousquet, souriant, offrant une main tendue aux dignitaires nazis, dont Karl Oberg, avec lesquels il s’entendit, afi n que ses forces de police fassent le travail les 16 et 17 juillet 1942.