Alyah en temps de guerre : l’appel d’Israël plus fort que les sirènes
552 olim sont attendus au mois de mars.
Pas moins de 330 dossiers d’Alyah ont été ouverts auprès de l’Agence Juive depuis le lancement, le 28 février, de l’opération militaire israélienne Rugissement du Lion contre l’Iran – le meilleur signe que la situation sécuritaire, loin d’être un facteur dissuasif, suscite une prise de conscience chez les Juifs du monde entier.
« Le peuple juif observe la force d’Israël et l’évolution de la situation au Moyen-Orient, et choisit de prendre part à l’histoire et au projet sioniste. Je suis convaincu qu’après la victoire et la fin de la guerre, de nombreux Juifs choisiront d’immigrer en Israël, comme cela a été le cas après le 7 octobre », a commenté le ministre de l’Immigration et de l’Intégration, Ofir Sofer.
Ce mois de mars, ce sont 552 olim – parmi lesquels quelques dizaines de Français – qui doivent arriver en Terre sainte pour entamer leur nouvelle vie. D’après l’Agence Juive qui est en contact étroit avec eux, aucun n’a exprimé la volonté de reporter son arrivée en raison du conflit dont la durée est pour l’heure indéterminée.
Le tout premier immigrant accueilli en Israël en temps de guerre : Henry Gurfinkel, un Américain de 26 ans qui est arrivé dans la nuit du 8 au 9 mars par un vol El Al en provenance de Londres. « Ma décision d’immigrer précisément durant cette période complexe est née d’un sentiment de mission et d’un profond attachement à Israël », a déclaré le jeune homme, titulaire d’un diplôme en sciences politiques.
Arrivé en Israël en août dernier, Frédéric Temstet vit aujourd’hui ses premières alertes dans le contexte du nouveau round de confrontation avec l’Iran. Installé à Jérusalem, ce Franco-Israélien découvre concrètement ce que signifie vivre au rythme des sirènes. « Ma première alerte, c’était vers 6 ou 7 heures du matin. Je ne savais même pas ce que c’était », raconte-t-il. « La deuxième et la troisième fois, j’ai suivi tout le monde et l’on m’a expliqué les consignes. » N’ayant pas de pièce sécurisée dans son appartement, il doit rejoindre l’abri collectif au sous-sol de son immeuble, avec ses voisins. Dans ce contexte tendu, il assure avoir découvert une solidarité et une fraternité qu’il n’avait jamais connues ailleurs.
S’il avait déjà fait l’expérience d’alertes lors de missions de volontariat dans des bases militaires effectuées avec l’organisme Sar-El au lendemain du 7 octobre, c’est aujourd’hui devenu son quotidien d’Israélien. « Cela explose parfois au-dessus de nos têtes, c’est impressionnant », dit-il. Entre les réflexes à adopter et l’organisation des journées en pointillé, il apprend à s’adapter à la situation. De surcroît, il s’occupe de ses trois enfants qui vivent en France et l’avaient rejoint pour les vacances scolaires ; avec le déclenchement de la guerre, ils ont été empêchés de repartir. « Ils ont stressé lors des premières alertes mais maintenant ils se sont habitués. Ils ont appris à s’habiller très rapidement pour rejoindre le miklat », relate le nouvel immigrant.
Kinésithérapeute de profession, Frédéric Temstet espère obtenir son équivalence de diplôme ; et en attendant, il dispense des soins à domicile à titre privé – activité qu’il tente de maintenir tant bien que mal durant le conflit. Il continue par aileurs à suivre avec assiduité les cours de son oulpan, qui se déroulent pour le moment à distance. « Ce n’est pas simple, il faut s’accrocher. Mais je ne regrette rien », affirme-t-il.