Culture

Suivez chaque jour le Festival de Cannes dans les pages Culture

3 minutes
14 mai 2026

ParPerri Gottlieb et Robert Sender

Suivez chaque jour le Festival de Cannes dans les pages Culture

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Un démarrage poussif

La compétition pour la Palme d’or a commencé avec le film japonais Nagi Notes (Quelques Jours à Nagi) de Koji Fukada et le français La Vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet. Les deux sont des portraits de femmes. La comparaison s’arrête là. Dans Quelques Jours à Nagi, Yuri, une architecte, rend visite à son ex-belle-sœur, Yoriko, sculptrice, installée à Nagi, une petite ville de l'île de Honshu aux paysages sublimes, située au nord-ouest de Kobe. Yoriko lui demande de poser pour elle. En échangeant sur leur passé, les fêlures de la vie jaillissent. Le cinéma japonais s’exprime souvent par une retenue ne minimisant pas la force des sentiments. Ici, la surface glaciale nous laisse à distance. Autre déception, La Vie d’une femme qui raconte la vie d’une chirurgienne en tension permanente jusqu’à sa rencontre avec une écrivaine. Le film colle aux personnages, que ce soient la cheffe de service opérant au bloc rentrant épuisée, son mari qui essaie de faire au mieux pour l’apaiser ou encore l’autrice venue à l’hôpital écrire un essai sur le métier de médecin. Pour autant, ni la direction d’acteurs pourtant menée par Léa Drucker, ni la dramaturgie, ni même le propos sur l’identité ne convainquent. Le festival débute souvent, sans que ce soit une tradition, par des approches pouvant laisser perplexe, avant une montée en puissance, que l’on espère impatiemment.

 

 News

 Passé de mode

 Bien que Charline Bourgeois-Tacquet soit en compétition officielle avec La Vie d’une femme, pas assez connue, aucune maison de couture ne s’est précipitée pour lui proposer une tenue. Les marques ont pour habitude de profiter de la visibilité des artistes pour habiller les stars lors de la montée des marches. Son casting (Léa Drucker, Mélanie Thierry, Charles Berling) n’a pas connu les mêmes déboires.

Le maître des lieux

En haut de chaque tapis rouge cannois, accueillant stars et festivaliers à travers la ville, se trouve Thierry Frémaux, ancien pratiquant d'arts martiaux. Le délégué général dirige le Festival de Cannes depuis 25 ans. Tout en offrant les propositions de cinéma les plus inventives, ce grand cinéphile passionné invite des films du patrimoine mondial. C'est également lui qui a accepté d'inclure l'animation (très présente cette année) dans la sélection officielle du festival avec Shrek en 2001. À la fois audacieux et visionnaire, il a compris qu'approfondir les relations entre les marchés français et américain serait mutuellement bénéfique. L’âme du festival recevra le prix Variety pour l'ensemble de sa carrière internationale dans le cinéma, en 2026. Il est toutefois intéressant de noter l'absence de grands studios américains pour cette édition. Face aux rumeurs de fusions imminentes de compagnies hollywoodiennes majeures et aux résultats décevants des récents blockbusters, les studios conservent leurs fonds et leurs équipes aux États-Unis cette année. Robert Sender et Perri Gottlieb