Dans quel état d’esprit arrivez-vous à Paris ?
Revivo Project : Nous arrivons portés par beaucoup d’espoir. Les otages vivants sont, grâce à Dieu, revenus, et nous continuons de prier pour le retour du corps du dernier, Ran Gvili. La situation en Israël s’est aujourd’hui améliorée, et même si la douleur est toujours vive, nous sentons que le moment est venu de partager la joie avec le public français, de nous émouvoir ensemble et de célébrer Tou Bichvat, dans un esprit de partage et d’unité.
Monter sur scène alors qu’Israël est en guerre a-t-il pour vous une signification particulière ?
R.P. : Le peuple d’Israël vit, depuis toujours, l’épée à la main. Les guerres font partie de notre réalité. Aujourd’hui, nos concerts revêtent une signification particulière ils sont dédiés aux soldats de Tsahal, avec une pensée et une prière pour leur protection, leur santé et la guérison des blessés, et constituent un hommage silencieux à ceux qui ne sont plus.
Depuis le 7 octobre, vous vous rendez au chevet des blessés. Pourquoi était-ce important pour vous ?
R.P. : Nous faisons partie du peuple d’Israël et nous le vivons comme une mission. Si nous pouvons offrir un sourire, ne serait-ce qu’à une seule personne, nous venons sans hésiter. Depuis le début de la guerre, nous nous rendons régulièrement dans les services de rééducation, pédiatriques et de soins intensifs. Partout où l’on nous appelle, partout où un blessé souhaite partager un moment de joie, de musique ou simplement de présence humaine, nous répondons présent, de tout cœur.
Que ressentez-vous lors de ces visites ?
R.P. : Ce n’est jamais simple. Il arrive de chanter sans savoir si la personne nous entend, si elle perçoit les mots ou la mélodie. Ces moments sont pourtant d’une intensité rare, vécus avec les familles et les équipes médicales. Malgré la difficulté émotionnelle c'est un immense privilège. Ces rencontres ont renforcé notre conviction la musique possède une force immense. Elle peut apaiser, redonner de l’espoir, et parfois aider des personnes à traverser des situations psychologiques et médicales extrêmement difficiles. Nous avons toujours chanté de tout notre cœur, mais dans ces moments-là, nous en mesurons pleinement la portée.
En ressortez-vous renforcés ?
R.P. : Oui, profondément. Nous pensons notamment à notre visite j trois soldats grièvement blessés j l’hôpital Tel HaShomer, un moment très éprouvant pour nous. Nous leur avons confié que tout semblait dérisoire face à la gravité de leurs blessures. Juste avant notre départ, ils nous ont dit " continuez d'apporter de la joie au peuple d’Israël - c’est pour cela que nous sommes partis nous battre. » Ces mots nous ont donné une énergie immense pour continuer.
Avez-vous hésité à venir vous produire en France, entre antisémitisme et mobilisations pro-palestiniennes ?
R.P. : Pas une seule seconde. Nous venons pour apporter du bien et de la joie aux Juifs de France, et pour partager des émotions avec eux. Nous ne craignons personne et avançons avec une foi entière en l’Éternel.