Les cinéastes étrangers en France.
Ce qui détermine l’origine d’un film, c’est la production. Raison pour laquelle « Un simple accident » de Jafar Panahi vient de représenter la France dans la section des Oscars des films étrangers. Dans cette logique, trois long-métrages en compétition pour la Palme d’or sont considérés comme français. « Histoires parallèles » de l’iranien Asghar Farhadi (multi primé à Cannes) avec un prestigieux casting, on ne peut plus français, Virginie Efira, Isabelle Huppert, Catherine Deneuve, Pierre Niney, Vincent Cassel, qui raconte en France, par sa fenêtre, l’observation d’une écrivaine en manque d’inspiration, chez sa voisine. Un thriller amusant. De son côté, pour nous le très souhaité au palmarès, le formidable « Soudain » de la japonaise Hamaguchi Ryusuke entre Paris et Kyoto offre une belle relation entre une directrice d’Ehpad qui tente d’y instaurer une philosophie de soins innovante, fondée sur l’écoute et la dignité des résidents, et une metteuse en scène japonaise qui se bat contre un très méchant cancer. Malgré la vieillesse, la maladie, la mort, la tonalité de bienveillance domine. Virigine Efira et Tao Okamoto explosent. Remarquable ! « Moulin » du hongrois László Nemes déçoit dans sa confrontation terrible entre le résistant Jean Moulin et le nazi Klaus Barbie.
D’autre films
Gentle Monster
Le film de Marie Kreutzer s'ouvre sur Lucy (Léa Seydoux, captivante), pianiste, et Philip, son mari(Laurence Rupp, convaincant), cinéaste et artiste, vivant dans la campagne bucolique avec leur jeune fils. Le couple a quitté le rythme effréné de la ville pour une vie plus paisible, faite de trampolines dans le jardin et de grands espaces. Ce chapitre prometteur est brutalement interrompu par l'arrivée un matin de la police. Lucy doit naviguer en eaux troubles, seule et discrète, jusqu'à ce que l'affaire soit élucidée. Catherine Deneuve livre une excellente prestation dans le rôle de la mère, certes peu présentable, mais toujours présente. Tandis que nous observons Lucy s'adapter peu à peu à sa nouvelle situation, nous avons envie qu'elle prenne la fuite, mais la réalité est bien différente.
Hope
Le scénariste et réalisateur Na Hong-Jin peut d'ores et déjà se féliciter d'avoir créé ce qui deviendra sans aucun doute un film d'action/horreur culte. Le public, captivé par cette course-poursuite interminable de 160 minutes, a ri et applaudi du début à la fin. Une force inconnue sème la terreur à Hope Harbor, en Corée : incendies de forêt, bétail décimé et destruction sur son passage. Une équipe de policiers peu compétents, menée par leur chef nerveux, Bum-seok (l’irrésistible Hwang Jung-min), se sépare pour tenter de trouver l'origine du chaos. Le film se divise alors en deux parties : la première en ville, la seconde dans la forêt. Cette aventure de science-fiction, parfois confuse et répétitive, recèle néanmoins des moments hilarants qui sauront tenir les spectateurs en haleine, d'autant plus que l'on devine aisément qu'il s'agit d'une mise en place pour une suite.
Échos de la Croisette
Barbra Streisand honorée au 79e Festival de Cannes
Après Peter Jackson et John Travolta, la troisième Palme d’or d’honneur de la 79e édition du Festival de Cannes doit célébrer l’immense carrière de la star américaine Barbra Streisand, actrice, réalisatrice, productrice, scénariste, chanteuse et auteure-compositrice, lors de la soirée de Clôture le samedi 23 mai. Malheureusement, le Festival vient d’être informé que convalescente après une blessure au genou, Barbra Streisand ne pourra pas assister à la cérémonie. Néanmoins, le Festival de Cannes est heureux de maintenir l’hommage prévu pour célébrer Barbra Streisand le samedi 23 mai.
Idée reçue
On entend parfois que le cinéma français est « très aidé » sous-entendu « trop ». Gaël Bruel le président du Centre national du cinéma dément : « L’aide publique moyenne en France représente 25% du budget d’un film contre 48% en moyenne européenne » Il ajoute : « Ce financement ne repose pas sur l’impôt général des contribuables, mais sur un modèle de taxe affecté sur les billets de cinéma, les services de télévision, de vidéo ou de streaming qui sont réinvestis dans le secteur lui-même ». Un vrai a priori démonté !