Culture

Cannes, c'est parti!

5 minutes
13 mai 2026

ParRobert Sender et Perri Gottlieb

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Cannes au quotidien

C’est parti ! 

Le 79e Festival de Cannes s'est officiellement ouvert hier soir en présence du cinéaste coréen Park Chan-wook, président du jury entouré des autres membres. Avant cela, le tapis rouge a rendu hommage à l’un des succès français de ce printemps dans les salles obscures :  Juste une illusion d’Olivier Nakache et Éric Toledano. Les réalisateurs ont en effet foulé les marches aux côtés de Louis Garrel, l’un des protagonistes, sur la musique du groupe Imagination Just an illusion, qui ouvrait le film. Dès ses premiers mots, Eye Haïdara, la maîtresse de cérémonie, accompagnée de la violoniste Miri Ben-Ari, israélo- américaine, a captivé l'auditoire. À chacune de ses paroles, le public était suspendu à ses lèvres surtout lorsqu'elle a rappelé que Cannes est accessible à tous – ou du moins à ceux qui bénéficient encore d'une connexion Internet. L’Iran fut la seule référence politique de la soirée.  Peter Jackson, le célèbre réalisateur du Seigneur des Anneaux, s'est vu remettre une Palme d'or d'honneur par Elijah Wood, l'acteur principal de la trilogie. Wood a évoqué leur première rencontre et a souligné l'authenticité du travail de Jackson, affirmant que son utilisation de la technologie est vaine sans une dimension humaine.
Ce festival devrait sans aucun doute aborder les thèmes de l'intelligence artificielle et de l'influence de la technologie au cinéma. C'est peut-être pourquoi le film La Vénus électrique de Pierre Salvadori qui se déroule dans le Paris des Années folles, loin des artifices, a été choisi pour inaugurer l'événement. Il s’agit d’une comédie romantique, comme l’ouverture aussi française de 2025, Partir un jour. Un titre prémonitoire du naturel à l’artificiel ?  La Chinoise Gong Li et l’Américaine Jane Fonda, symboles de deux mondes, l’Est et l’Ouest, ont déclaré le festival ouvert.

Patrimoine

Depuis quelques années, avant même l’ouverture officielle, le festival projette une œuvre de la section patrimoniale Cannes Classics. Pour la 79ème édition, Le labyrinthe de Pan du réalisateur mexicain Guillermo del Toro à l’honneur de lancer le festival. Une standing ovation a retenti dès l'entrée en salle de Guillermo del Toro pour la projection spéciale du 20e anniversaire du film. Le long-métrage a été remasterisé et reste plus que jamais d'actualité. L'intrépide Ofelia (Ivana Baquero Macias), l'héroïne du film, était également présente hier, aujourd'hui trentenaire. Au début du film, nous découvrons Ofelia à l'âge de 11 ans, dans l'Espagne franquiste, durant l'été 1944. Pour faire face à sa nouvelle réalité – un beau-père tyrannique, une mère malade avec un enfant à naître –, Ofelia se réfugie dans le monde mythique des fées et des faunes. Del Toro laisse une large place à l'interprétation et invite le public à se forger sa propre opinion sur le bien et le mal, si tant est que la frontière soit aussi simple. Hier, sur scène, il a souligné être guidé par l'idée que l'on peut céder à l'amour ou à la peur. Pour lui, il ne faut jamais céder à la peur. Les effets spéciaux et le maquillage créés pour le film sont magiques, créant des personnages et des créatures si réels que nous avons hâte de rejoindre Ofelia alors qu'elle descend dans les profondeurs de leur labyrinthe. 

News

Virginie Efira 

Double montée des marches pour l’actrice belge dont la carrière se déroule en France avec Histoires parallèles d'Asghar Farhadi et Soudain de Ryūsuke Hamaguchi, les deux en lice pour la Palme d’or. Avant d'illuminer la Croisette, la comédienne Virginie Efira a déclaré dans une interview donnée à Audrey Crespo-Mara dans l'émission Sept à Huit : ‘Le Festival de Cannes, c'est un endroit assez hystérisé où tu peux très fort sentir les hiérarchies. Ce ne sont pas que des choses très agréables. Elle poursuit en évoquant son ‘sentiment d'illégitimité’ avec une modestie qui l’honore.

Cryptomonnaies

Cette année, les festivaliers pourront payer en cryptomonnaies dans plus d'une centaine de restaurants, agences, boutiques et hôtels de Cannes. Les clients sont néanmoins encore rares à utiliser ce nouveau dispositif. Le festival génère pour la ville de Cannes plus de 200 millions d'euros de retombées économiques.

L’intelligence artificielle

Autre phénomène de pointe : "L'intelligence artificielle sait imiter, très bien même, mais elle ne saura jamais ressentir", déclarait le mois dernier Iris Knobloch, la présidente de la manifestation, lors de l’annonce de la sélection 2026. "Derrière chaque image, il y a un cinéaste, mais aussi des dizaines, parfois des centaines de personnes qui ont mis leur talent, leur énergie, leur âme dans un projet commun", insistait-elle. "Ce qu'il y a de certain sur l'intelligence artificielle, c'est que nous, à Cannes, nous sommes du côté des artistes", a assuré le délégué général Thierry Frémaux devant la presse. "Nous sommes du côté de tous ceux dont le métier peut être impacté négativement par l'intelligence artificielle". La cérémonie d’ouverture a été animée par Eye Haïdara. La comédienne franco-malienne sera également sur la Croisette pour présenter hors compétition L’Objet du délit, la nouvelle comédie d’Agnès Jaoui dans laquelle une foule a été générée par IA, faute de budget suffisant pour engager des figurants. Alors, l’IA finira-t-elle par voler la vedette aux stars sur le tapis rouge ?