Culture

Le festival se termine

5 minutes
22 mai 2026

ParPerri Gottlieb et Robert Sender

Le festival se termine

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Focus sur les derniers films visionnés

Garance

 

Après un César amplement mérité il y a deux ans pour « Je verrai toujours vos visages », Adèle Exarchopoulos retrouve un rôle-titre marquant dans le film de Jeanne Herry en Compétition officielle. Abordant le sujet douloureux de l'alcoolisme, le film suit Garance qui tente de préserver ses rôles, son petit ami, sa vie, mais ne trompe en réalité qu'elle-même. Garance, dépendante depuis huit ans, et son amie Pauline (Sara Giraudeau) se retrouvent et passent une grande partie de la pandémie à la campagne. Les bouteilles se transforment en caisses de vin et la situation devient critique. La performance d'Adèle Exarchopoulos est magistrale, mais l’intrigue ne surprend jamais et manque malheureusement la profondeur que l'on attendait. Sortie le 23 septembre.

 

L’être Aimé


Bien qu’il ne s’agisse pas du seul film de cette édition sur le cinéma, le réalisateur Rodrigo Sorogoyen déploie une impressionnante multitude de techniques pour enrichir l’histoire du célèbre réalisateur Esteban Martinez (Javier Bardem) et de sa fille, l’actrice Emilia Vera (Victoria Luengo), dont il est séparé. Lors d’un déjeuner, Esteban, pour tenter de se racheter de son rôle de père absent, propose à Emilia de jouer dans son nouveau film. Elle accepte, mais la tension monte crescendo tandis que les véritables personnalités se révèlent. L’interprétation magistrale de Bardem, dans le rôle d’un patron toxique, est souvent difficile à voir, mais pour autant impossible de détourner le regard. Avec stratégie et élégance, Sorogoyen utilise des angles de caméra précis, des traitements de la couleur et des musiques de film qui nous obligent à examiner la scène comme si elle était recréée pour un effet cinématographique maximal. En salle.

 

Coward

 

Lukas Dhontle, le réalisateur, pose sans cesse la question : qui est le lâche ? Se déroulant vers la fin de la Première Guerre mondiale, l’histoire met en scène Pierre au sein d’un régiment de nouvelles recrues, scandant joyeusement un cri de guerre : « Rangez vos soucis dans votre vieux sac à dos et souriez, souriez, souriez !» De son côté, Francis, convalescent de ses blessures de guerre, décide avec un petit groupe de marginaux de divertir les troupes et les officiers en montant des pièces de théâtre. Les deux hommes se rencontrent et trouvent du réconfort en explorant leur relation, avant de partir en tournée avec quelques autres soldats. Face aux horreurs de la guerre, la troupe semble avoir trouvé un moyen de se rendre utile. Francis confie même souhaiter que la guerre dure éternellement, car c’est là qu’il est libre de s’exprimer. Alors que la guerre s’éternise, où pourront-ils enfin être eux-mêmes ? Bien que le film frôle le mélodrame et nous donne l'impression d'avoir déjà vu certaines de ses scènes, la belle histoire entre les deux engagés constitue une respiration bienvenue face aux périls de la guerre qui nous entourent encore aujourd'hui. Sortie non datée.

 

L’aventure rêvée

 

Le film de Valeska Grisebach n'attire peut-être pas autant l'attention que certains autres de la sélection officielle, mais il le mérite. Yana Radeva livre une interprétation d'une justesse exceptionnelle de Veska, archéologue travaillant à la frontière bulgaro-turque. Originaire de la région, elle connaît tous les habitants (pour le meilleur et pour le pire), a commis de nombreuses erreurs, mais à présent qu'elle a mûri, elle n'a plus à se plier aux règles de personne. Veska recroise un vieil ami, Said (interprété avec brio par Syuleyman Letifov), ce qui l'entraîne dans des situations troubles. Ce film imprévisible, riche en rebondissements, conserve un réalisme saisissant. Une chose est sûre : Veska a appris à connaître son environnement et est désormais l'héroïne déterminée de sa propre vie. Sortie 15 juillet.

 

Les éléphants dans la brume

Le cinéma a le pouvoir de nous plonger dans les codes d'un monde lointain, et le réalisateur Abinash Bikram Shah nous transporte avec brio dans un petit village en bordure de jungle, où les habitants vivent dans la crainte des éléphants. Parmi eux, une communauté de personnes transgenres, les « kinnar », et leur matriarche, Pirati (Pushpa Thing Lama). À la fois vénérées et ridiculisées, les kinnar sont dépeintes dans le film, tissant leurs propres liens familiaux et accomplissant des rituels pour les villageois. L'une des filles de Pirati disparaît, et Pirati doit décider jusqu'où elle est prête à aller pour protéger sa famille. C’est le premier film népalais sélectionné à Cannes. Sortie le 23 septembre.

 

 

 

Échos de la Croisette

 

Carlos Gomes

 

Le journaliste écrit dans Gala : « On a commencé par diaboliser les plateformes, et puis quelques années plus tard on constate qu’elles produisent des films que les Studios mettent en scène. »

 

Saül Benchetrit

 

Le fils de l’actrice Anna Mouglalis et du réalisateur Samuel Benchetrit souligne : « Mes parents m’on beaucoup préservé du « business », mais j’ai surtout grandi en voyant leur passion et leur épanouissement ».

 

 

Gentil mensonge

 

Bien inspiré dans le quotidien Le Monde : « Pendant le festival, on a l’art de donner son avis sans vraiment le donner, afin de ne froisser personne à l’issue d’une projection. Tout le monde n’a pas l’esprit de Françoise Sagan qui, après s’être endormie devant une pièce dans laquelle jouait Jeanne Moreau lui dit, à la sortie : « Vous m’avez fait rêver. » 

 

 

Carole Benzaken expose

 

Le centre d’art contemporain La Malmaison présente l’exposition « Jam Session » de Carole Benzaken, figure majeure de la peinture contemporaine française, dont le travail est reconnu en France comme à l’international. Si le titre de l’exposition de Carole Benzaken (née en 1964), « Jam Session », fait référence aux codes du jazz – notamment à celui de l’improvisation –, c’est pour mieux évoquer le principe qui régit son accrochage. Cette exposition constitue la première exposition monographique de l’artiste en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Conçu pour les espaces de la Malmaison, le projet réunit environ 135 œuvres — peintures, dessins et vidéos — autour de trois peintures majeures, commencées à Los Angeles en 2002 et achevées spécialement pour cette présentation à Cannes. Inspirée par le jazz et l’improvisation, l’exposition met en perspective plus de vingt ans de création. Jusqu’au 21 juin.