Communauté

Charles Kushner au Consistoire de Paris : « Je suis ici comme un juif fier et un sioniste convaincu »

3 minutes
1 juillet 2026

ParYaël Scemama

Charles Kushner au Consistoire de Paris : « Je suis ici comme un juif fier et un sioniste convaincu »

Désolé, votre navigateur ne supporte pas la synthèse vocale.

AVEC PHOTO ALAIN AZRIA  

Après avoir annoncé un don au Consistoire de Paris de 25 000 euros, Charles Kushner a prononcé un discours particulièrement marquant, que nous reproduisons intégralement. « Je suis ici comme un représentant très fier du gouvernement des États-Unis d’Amérique. Je suis ici également en tant que juif fier, et aussi comme sioniste convaincu, profondément attaché à l’existence et à l’avenir de l’État d’Israël », a-t-dit. « Nous sommes présents aux côtés de la communauté juive et nous travaillons étroitement avec elle, ainsi qu’avec nos partenaires français, pour créer davantage d’opportunités et de solutions concrètes. Nous développons des programmes, nous renforçons les liens et même si je ne peux pas entrer dans les détails, notre objectif est clair : offrir plus d’options aux Juifs de France, pour vivre en sécurité, pour s’épanouir, et notamment pour renforcer l’éducation des jeunes. C’est un travail essentiel, et nous y sommes pleinement engagés.

Lorsque nous parlons au nom de l’Amérique, a continué l’ambassadeur, nous parlons avec clarté et détermination contre l’antisémitisme et contre la haine d’Israël. Nous voulons que cela soit entendu, y compris par le gouvernement français. C’est notre position, et c’est celle des États-Unis.

On me pose souvent une question : qu’en est-il de l’antisémitisme aux États-Unis ? Et c’est une question légitime. Oui, il existe aujourd’hui un niveau d’antisémitisme en Amérique que nous n’aurions jamais imaginé il y a 10 ou 15 ans. Mais il y a une différence fondamentale : nous avons un leadership qui agit. Nous avons un président prêt à prendre des mesures concrètes, y compris financières, contre des institutions qui tolèrent ou encouragent cette haine. Nous ne restons pas silencieux.

Face à l’antisémitisme, je crois profondément que notre réponse ne doit pas être uniquement extérieure. Comme l’a dit le grand rabbin Jonathan Sacks, la meilleure manière de combattre l’antisémitisme est aussi de se renforcer de l’intérieur. Cela signifie se reconnecter à qui nous sommes : à notre tradition, à la Torah, à notre histoire, à la terre d’Israël. Être de meilleurs Juifs, plus engagés, plus conscients, plus unis, c’est aussi une réponse puissante.

Je parle ici aussi à titre personnel. Je suis le fils de survivants de la Shoah. Une grande partie de ma famille a été assassinée par les nazis - mes grands-parents, mes tantes, mes oncles, mes cousins. Certains ont été exécutés et jetés dans des fosses communes. La leçon que nous devons en tirer est simple et essentielle : nous devons rester unis. Le peuple juif doit toujours se soutenir. Car lorsque nous cessons d’être solidaires, nous nous mettons en danger.

Et je veux aussi dire à quel point je suis profondément reconnaissant envers ceux qui ne sont pas juifs et qui se tiennent à nos côtés. Ceux qui prennent des risques pour défendre ce qui est juste. Ceux qui refusent la haine et défendent la dignité humaine. (…) Aujourd’hui, voir des personnes non juives se lever, s’engager, défendre le peuple juif - cela force mon respect le plus profond. Ce sont, à mes yeux, de véritables héros. Je me tiens à vos côtés. Nous sommes avec vous. Et nous continuerons à nous battre ensemble ».

 

Y.S.