Communauté

Le renouveau du Bné Akiva France

La branche française du Bné Akiva traverse une phase passionnante mais complexe d’évolution, entre tradition et engagement sioniste.

2 minutes
17 mai 2026

ParGérard Clech

Le renouveau du Bné Akiva France

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Sous l'impulsion de sa direction nationale et de ses bénévoles, le Bné Akiva France relève les défis de l'éducation informelle dans une société en mutation. Plus que jamais, le mouvement fondé au lendemain de la création de l'État d'Israël s'affirme comme un acteur éducatif pour la jeunesse juive française reposant sur trois piliers fondamentaux : la Torah, l'Avoda (le travail/l'action) et le sionisme.

Doron Ben Yahia, shaliah merkasi (émissaire national) arrivé d'Israël en septembre 2025, souligne que le mouvement agit comme un véritable « pont entre Israël et la communauté juive en France ». Une mission qui passe, explique-t-il, par la présence de shlihim (envoyés) auprès des jeunes afin qu’ils s’approprient leur identité juive et sioniste. Il explique : « notre structure peut se permettre de parler à la jeunesse de manière libre et d'encourager l’Alyah sans parasitage par des questions politiques ».

Sur le terrain, le dynamisme est palpable avec cinq groupes locaux (snifim) actifs à Paris (notamment dans le 19e), à Strasbourg ou au Raincy, et l'ouverture imminente d'une sixième antenne. Les activités du chabbat et les événements ponctuels autour des fêtes rassemblent des dizaines d'enfants encadrés par des animateurs bénévoles. Pour Marc Ackermann, trésorier et responsable des opérations, basé à Strasbourg, cet encadrement dépasse le simple loisir : « les lieux d'éducation informelle forment un troisième pôle qui permet un brassage social différent, où l'on apprend à vivre avec des personnes différentes dans le respect et même la curiosité ».

A la clé : une alternative salutaire à l'addiction aux écrans privilégiant la "vraie vie" et les rencontres sans smartphone lors des chabbats et des camps de vacances. Paradoxalement, le mouvement fait face à un "challenge" de taille : sa réussite ! Le taux élevé d'Alyah parmi les animateurs après le baccalauréat crée en effet un renouvellement constant qui impacte la stabilisation des structures. Pour y répondre, l’association investit massivement dans la formation (séminaire « Kadima ») et lance des initiatives pour les 15-18 ans, comme le Tsevet Ronny (du nom d’un ancien du mouvement tombé récemment au combat en Israël). Cette ambition de croissance nécessite des financements stables pour couvrir les bourses, de la formation et de la logistique afin d’accompagner plus de jeunes vers une vie engagée et épanouie.