Vous écrivez (p.35), « Je t’en veux mon Français que j’aime, de laisser la rue à cette gauche extrême». Parlezvous de ce « ventre mou » de l’opinion publique, censé être favorable à Israël mais si peu visible ?
Gilles-William Goldnadel : Je pointe surtout une réalité : la rue appartient aujourd’hui à l’extrême gauche, et ça n’a rien de normal. Cela révèle une forme de paresse ou de renoncement collectif. J’aimerais voir, parfois, une manifestation qui ne soit pas d’extrême gauche : contre la criminalité, l’immigration invasive ou la mainmise du service public. Cette désertion de l’espace public contribue à ce qui nous arrive.
La folie collective que vous décrivez dans votre livre est-elle réversible ou non ?
G-W. G. : Je crains un masochisme occidental toujours actif à l’extrême gauche. C’est un phénomène psychologique autant que politique, capable de perdre l’Occident. Quand on en vient à remercier un président preneur d’otages, on mesure le degré de confusion.
Vous avez écrit ce livre avant la signature de l’accord de cessez-le-feu du 10 octobre dernier. Celui-ci pourrait avoir des effets de rattrapage ?
G-W. G. : Oui, en partie. Le cessez le feu a au moins mis fin au bombardement médiatique -France Inter ne peut plus égrener à chaque heure un bilan du Hamas déguisé en « défense civile ». J’avais critiqué Benyamin Netanyahou pour la prolongation de la guerre, qui coïncidait avec le sommet de la détestation d’Israël : j’y voyais une faute politique. Mais si la pression militaire prolongée a contribué à faire capituler le Hamas, je le reconnais : peut-être aurais-je nuancé certaines formules.