Selon une étude de l’American Jewish Committee (AJC), 91% des Juifs américains disent se sentir moins en sécurité qu’il y a un an. À ce niveau, ce n’est plus un simple coup de klaxon, c’est une sirène d'alarme. Quand neuf personnes sur dix d’une même communauté expriment la peur, il devient difficile de parler d’un simple malaise passager. Dans les rues, sur les campus, dans les synagogues, la prudence s’installe, les signes visibles d’identité se dissimulent et l’inquiétude gagne le quotidien. Plus troublant encore, une partie de l’opinion minimise encore le phénomène. Le paradoxe est saisissant : à New York, 33% des électeurs juifs ont soutenu Mamdani, figure politique loin d’être réputée pour sa bienveillance envers Israël et entourée de voix notoirement hostiles à la communauté juive. Une chose demeure : lorsqu’une minorité vit dans la crainte, c’est toute la société qui révèle sa fragilité morale. Et lorsque cette peur devient ordinaire, presque administrative, le danger n’est plus seulement dans les actes antisémites, mais dans l’habitude collective de les regarder comme un bruit de fond parmi d’autres drames. En silence.
L.C.-C.